Lettre Des Verts
Numéro 900
Venredi 15 mars, 12h00
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Version 7.3,
juillet 2006
Info Fil Vert - informations sur l'ASSE
Histoire des Verts: Marseille -ASSE et les 6 minutes d'arrĂŞts de jeu
14 octobre 2000
Rien ne va plus à Saint-Etienne. Et pourtant, rien ne laissait supposer une telle issue après un début de saison où les Verts ont battu l’OM 3-0, et lutter pour la première place en cas de victoire à Auxerre. Malheureusement, l’ASSE s’est inclinée 4-3 en Bourgogne après avoir mené 2-1 et perdu sur blessures, Lucien Mettomo, José Aloisio (out pour six mois) et Jean-Guy Wallemme.
Deux matches nuls et deux défaites plus tard, le trio à la vie à la mort Bompard-Soler-Nouzaret, explose en plein vol à la première vraie turbulence avec comme conséquence le limogeage de l’entraîneur après la nouvelle déconvenue à Strasbourg où les murs ont tremblé, marqués par les colères des uns et des autres.
L’intermède Soler sur le banc face à Rennes n’est pas une réussite même s’il n’a jamais été dit qu’elle devait perdurer. Accueilli froidement par le public qui lui a destiné une banderole particulièrement à son intention (« Jésus a eu son Juda, Nouzaret à son Soler »), défait par les Bretons 2-0 avec notamment un but de… Lamine Diatta, la nomination d’un successeur devient urgente. Les dirigeants stéphanois avaient pensé à Oswaldo Piazza mais il n’est pas libre car toujours sous contrat avec son club argentin Indépendiante jusqu’au 15 décembre et l’ASSE ne peut se permettre d’attendre en nommant un technicien qui ferait la transition d’autant plus que la solution Soler est intenable. Ils font alors appel à un baroudeur étranger en jetant leur dévolu sur le Gallois John Toshack qui présente un CV impressionnant. Après cinq heures de négociation acharnée, ce dernier accepte la proposition de Saint-Etienne, dont le dernier souvenir avec Geoffroy Guichard remonte à 1977 à l’occasion de sa visite en tant que joueur avec l’équipe de Liverpool, et il refuse la proposition de Toulouse qui l’avait également approché.
John Toshack
Toshack a déjà une expérience significative au poste d’entraîneur qui l’a mené de Swansea City (1978-83), Sporting Portugal (1984-85), Real Sociedad (1985-89 et 1991-95), Real Madrid (1989-91 et juillet-novembre 1999), La Corogne (1995-97), Besiktas (1997-99). On lui reproche de proposer un style défensif aux équipes qu’il dirige et il affectionne le système 5-3-2 dont il est un des plus fameux spécialiste. Mais il affirme qu’on lui fait un faux procès et rappelle qu’aucun équipe espagnole n’a marqué autant de buts que le Real Madrid 1990 (107 buts) avec laquelle il est devenu champion d’Espagne.
A peine arrivé dans le Forez, il impose ses méthodes plus directives que celles de son prédécesseur en obligeant, par exemple, tous les joueurs à être en short à l’entraînement quelque soient les conditions climatiques. Dès les premières séances tactiques, il met en place son système favori avec un vrai libéro, deux stoppeurs, des latéraux capable de s’intercaler dans les phases offensives et il espère en retirer les premiers fruits dès son premier match à Sedan.
Le résultat ne sera pas concluant car l’ASSE s’incline dans les Ardennes (1-2) en ce 14 octobre 2000 après avoir pourtant égalisé par l’intermédiaire de Christophe Sanchez (20e) peu après l’ouverture du score sedannaise à la 6e minute (Mionnet), les locaux ayant sûrement profité du manque d’automatisme de l’arrière garde stéphanoise. Sattora met tout le monde d’accord peu avant l’heure de jeu (55e) même si les Verts ont eu plusieurs occasions de ramener un point de leur déplacement.
Le Gallois va devoir s’employer pour redonner la confiance à son groupe et lui permettre d’intégrer ses nouvelles méthodes de travail. Pour arriver à ses fins, il préfère s’appuyer sur l’expérience au détriment de la jeunesse que représentent les Sablé, Guel ou Sarr tous titulaires avec Nouzaret. Il n’hésite pas à utiliser le terme de « Géant endormi » en parlant de l’AS Saint-Etienne qui dispose selon lui de tous les outils pour retrouver son lustre d’antan.
Il compte bien le réveiller mais personne ne sait encore que le Gallois va expérimenter avec l’ASSE la technique du club jetable que l’on peut quitter quand bon lui semble à moins que l’affaire des faux passeports ne l’ait à ce point effrayé qu’il décide d’abandonner le navire à la trêve sans explications notamment auprès de ses joueurs qu’il ne vient même pas saluer avant son départ.
L’équipe : Alonzo – Carteron puis Guel (80e), Kwarme, Mettomo, Wallemme, Potillon puis Diawara (80e) – Sarr puis Fellahi (69e), Huard, Pedron – Alex, C. Sanchez
Entraîneur : John Toshack
17 octobre 2004
L’AS Saint-Etienne se rend à Marseille après avoir perdu le derby lyonnais dans les derniers instants du match (2-3) à Geoffroy Guichard. L’équipe joue bien mais par malchance, inexpérience ou autres, elle n’arrive pas à décoller des profondeurs du classement. 17e à égalité avec le premier relégable, Ajaccio, après neuf journées, les Verts ont un urgent besoin de points, eux qui ne comptent qu’une seule victoire à leur compteur. La tâche s’annonce toutefois difficile au Vélodrome face à un adversaire qui pointe à la 5e place à seulement trois longueurs des leaders, Lille et Lyon.
Les Marseillais sont privés d’Eduardo Costa et Bamogo suspendus et de Pedretti, blessé ainsi que Dehu, convalescent qui a pris place sur le banc. L’entraîneur phocéen, José Anigo, a donc décidé de titulariser pour la première fois son jeune prodige, Samir Nasri dont on dit monts et merveilles. Saint-Etienne doit déplorer les absences d’Anthoy Le Tallec et de Frédéric Mendy tous les deux blessés mais Elie Baup a décidé d’aligner ses deux Marseillais d’origine, Julien Sablé et Nicolas Marin avec l’idée de jouer les contre-attaques à fond.
Marseille domine ce début de rencontre sans se créer néanmoins une seule occasion de but. Les Stéphanois sont bien en place et étouffent facilement les rares velléités adverses. Ce sont eux qui se créent même la première occasion quand Frédéric Piquionne lance au loin Pascal Feindouno. Fabien Barthez, qui a décidé de sortir pour intercepter le ballon a mal apprécié les distances. Il s’arrête en cours de route et il devient des lors une cible facile pour le milieu de terrain qui ne se prive pas pour le lober astucieusement. Après 16 minutes de jeu, l’ASSE mène 1-0 et il n’y a pas de quoi crier au scandale.
La première mi-temps s’achève sur cet avantage pour les visiteurs et force est de constater qu’ils n’ont eu aucun mal à le préserver.
On assiste dans cette seconde période à une domination sans partage des Olympiens qui ont pris la rencontre à bras le corps pour revenir au score. Les verts sont acculés dans leurs buts et ont du mal à en sortir et quand ils ont le ballon, ils le perdent trop rapidement. Leurs rares possibilités sont facilement avortées par des marseillais plus agressifs.
Premier coup du sort à la 53e minute qui voit la sortie du défenseur central, Vincent Hognon, touché après un choc. Stéphane Hernandez s’intercale au sein de la défense et tente de colmater les brèches de plus en plus importantes.
Sept minutes plus tard, deuxième coup de massue : c’est au tour de David Hellebuyck d’être remplacé par Loïc Perrin, la lèvre en sang à la suite d’un pied trop haut de Meité. L’arbitre, pourtant bien placé, ne sanctionne pas ce geste dangereux d’un carton jaune approprié.
Les dernières minutes sont crispantes car le ballon ne cesse de revenir dans la surface de réparation stéphanoise. La fin du match approche, l’espoir d’une victoire acquise au courage se dessine pour un groupe solidaire qui démontre sous les caméras de télévision des vertus d’abnégation admirables. Encore faut-il passer les arrêts de jeu.
Et la intervient le troisième coup de poignard, l’ardoise lumineuse affiche six longues minutes d’arrêt de jeu sorties d’on ne sait où et comble de malchance à la suite d’un centre de Fereira prolongé par Meité (celui-là même qui aurait du être expulsé si l’arbitre l’avait sanctionné comme il se devait), Koke au 2e poteau parvient à tromper la vigilance de Janot à la cinquième des six minutes d’arrêt de jeu.
Koke, auteur du but assassin
Elie Baup crie au scandale et ressent un profond sentiment d’injustice qu’il ne peut s’empêcher de crier à la face du trio arbitral sur lequel il montre du doigt le chiffre « 0 » témoin de la note qu’il leur inflige pour qualifier leur prestation. Il est immédiatement expulsé à la suite de ce geste d’humeur et rétorque devant les médias toujours sous le coup de l’énervement : « Peut-être ne veut-on pas de nous… Tout ce qui ne tue pas rend plus fort ».
Malgré tout, les Verts repartent avec ce match nul 1-1, qui s’il ne fait pas l’affaire au niveau comptable (ils sont toujours 17e), laisse augurer des lendemains meilleurs surtout s’ils continuent à manifester autant de volonté et de courage.
L’équipe : Janot – Garido, Camara, Hognon puis Hernandez (53e), Ilunga – Zokora, Sablé, Hellebuyck puis L.
Perrin
(60e), Feindouno – Marin puis Compan (67e), Piquionne
Entraîneur : Elie Baup
18 octobre 1970
Après une saison 1969-70 exceptionnelle qui a vu l’AS Saint-Etienne réussir le doublé Coupe-Championnat en infligeant notamment un historique 5-0 en finale de la Coupe de France contre Nantes, les Verts repartent pour une nouvelle campagne avec le même appétit.
Si l’ASSE montre les mêmes dispositions, on voit mal qui pourrait les empêcher de remporter leur cinquième titre consécutif tellement leur domination semble sans partage. Néanmoins, Marseille, l’éternel rival leur a donné rendez-vous et espère bien rompre une bonne fois pour toute l’hégémonie stéphanoise. Roger Rocher, interpellé par son homologue olympien, Marcel Leclerc, n’est pas inquiet pour autant. Il lui a même rétorqué avec un brin de provocation que quoi que fassent les Marseillais, « ils seraient toujours dans son rétroviseur ».
Toutefois, en ce début de saison, Saint-Etienne a perdu de sa superbe. Eliminé par Cagliari, une équipe italienne, au premier tour de la Coupe des Champions (0-3 et 1-0), des dissensions internes au sein même du club sont apparues. La faute à des prétentions salariales des principaux joueurs cadres qui ont été sollicités à l’intersaison. Ils ont désormais des exigences précises et veulent négocier de meilleures conditions qu’ils sont en droit d’attendre en vertu de leur statut d’international.
Robert Herbin a déjà réussi à signer un nouveau contrat de trois ans obtenus avec des garanties financières intéressantes. D’autres joueurs souhaitent également un geste de la part de leur président notamment Bernard Bosquier et Georges Bereta.
Il faut dire que certains clubs ont sorti leur porte monnaie comme le Paris SG qui a dépensé plus de 300000 francs (somme importantes pour l’époque) pour recruter Djorkaëff et Mitoraj et il ne serait pas anormal qu’à Saint-Etiene, les dirigeants se montrent aussi généreux. Pourtant, Rocher se fait tirer l’oreille pour accorder les augmentations demandées et les stagiaires eux-mêmes tardent à accepter les propositions qui leur ont été faites. Francis Camerini ne signera son contrat qu’après un long temps de réflexion et Patrick Parizon refusera purement et simplement de passer pro.
Immanquablement, cette ambiance ne pouvait avoir que des conséquences sur les résultats sportifs. Néanmoins, la situation est encore sous contrôle et en ce 18 octobre 1970, l’ASSE pourrait récupérer la place de leader à la faveur de son match en retard de la 5e journée de championnat qu’elle doit disputer à Geoffroy Guichard contre Marseille qui possède un point d’avance.
Le public a bien compris l’enjeu de cette rencontre et il se déplace en masse au stade pour encourager ses préférés. Ainsi, 36147 spectateurs ont pris place dans les tribunes pour servir une fois encore de douzième homme. L’ASSE ouvre le score dès la 16e minute de jeu par l’intermédiaire de Herbin mais Marseille parvient à égaliser à la 38e par l’inévitable Skoblar.
La seconde période est difficile face à un adversaire coriace et il faut, à la 68e minute, un exploit d’un jeune joueur dont c’est l’une des premières apparitions dans l’effectif professionnel pour faire pencher la balance du bon côté. Nul doute que Christian Sarramagna, car c’est de lui dont il s’agit, se rappellera toute sa vie de ce but car il donne la victoire à ses couleurs (2-1) et permet à l’ASSE de virer en tête du championnat.
Christian Sarramagna
Sarramagna est le premier de la génération qui a gagné la Coupe Gambardella en 1970 contre Lyon (3-3 et 5 penalties à 4) à se voir offrir une chance de percer au plus haut niveau. Vainqueur du concours du jeune footballeur en 1968, le pensionnaire de l’Aviron Bayonnais est contacté par l’infatigable Pierre Garonnaire averti par un réseau d’informateurs performants dont fait partie le père de Jean Michel Larqué. Lorsque le recruteur stéphanois se rend au domicile des parents de Christian, ces derniers lui annoncent qu’il s’est déjà engagé avec les Girondins de Bordeaux avec lesquels il a signé une licence junior. Il découvre cependant que la dite licence porte un visa médical alors que le joueur n’a jamais passé de visite. En conséquence, avec l’accord du père, boulanger ambulant, il parvient à faire annuler le document et Christian Sarramagna prend la direction du Forez malgré les protestations véhémentes de Bordeaux qui aura fait appel deux fois de la décision sans obtenir gain de cause. Malheureusement, le Bayonnais dispute un dernier match avec son club et se fracture la cheville. C’est avec des béquilles et la jambe dans le platre qu’il débarque à Saint-Etienne.
Tout ceci est désormais de l’histoire ancienne et Sarramagna débute une carrière prometteuse car il dispose d’une des meilleures pattes gauches ayant jamais foulé les pelouses de D1. Si les blessures voulaient l’épargner quelque peu et s’il arrivait à se départir d’une certaine nonchalance qui peut lui faire défaut, il pourrait devenir l’un des meilleurs ailiers gauches français.
L’équipe : Carnus – Durkovic, Camerini, Bosquier, Farison – Herbin, Parizon, Larqué – Keita, H. Revelli, Sarramagna
Entraîneur : Albert Batteux
Par Stéphane le mercredi 01 novembre 2006 à 14h42
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