Voici le vip demandé :
Personnalité : René ALPSTEG
Nombre de visualisations : 5354
UN BUTEUR LEGENDAIRE
René Alpsteg est né le 3 décembre 1920 à Bonneville en Haute-Savoie. Il se destine à devenir ébéniste d’art mais finalement l’appel du football est le plus fort. Alors qu’il joue à Bonneville, il se fait suffisamment remarquer pour attirer l’attention de l’AS Saint-Etienne qui lui fait signer un contrat. La guerre est sur le point de se terminer et un nouveau championnat de France va bientôt débuter. Il est encore temps de former une équipe compétitive. Il rejoint donc les Verts en 1944 en même temps qu’Antoine Cuissard dont c’est également les débuts. Attaquant redoutable, il va faire des malheurs dans les défenses adverses aidé par Antoine Rodriguez avec lequel il forme un duo explosif aux avants postes.
Son intégration au sein de l’effectif stéphanois est immédiate et les résultats ne se font pas attendre. L’ASSE termine à une exceptionnelle seconde place derrière Lille pour le premier championnat de l’après-guerre alors qu’elle a fait une bonne partie de la saison en tête comptant même quatre points d’avance à mi-parcours. Malheureusement, le 1er mai 1946 sonne le glas des espérances foréziennes, avec une douloureuse défaite 8-0 en terre lilloise. Le rêve est passé mais la performance n’en demeure pas moins saisissante car jamais Saint-Etienne n’avait atteint ce niveau auparavant.

René Alpsteg
Bien que régulièrement dépassé par son compère de l’attaque, Rodriguez, qui termine régulièrement meilleur buteur du club en véritable chasseur de but qu’il est, Alpsteg dispose d’une panoplie plus complète que sa technique peut mettre plus facilement en avant. Cela lui permet d’être beaucoup plus polyvalent à tel point qu’il a même joué défenseur lorsque le besoin s’en faisait sentir. Excellent sur coups de pied arrêtés, il lui arrivait de marquer sur coup franc comme ce fut le cas lors du premier derby de l’histoire contre l’Olympique Lyonnais, le 28 octobre 1951, où il avait réduit le score.
En conséquence, il ne tarde pas à intégrer l’équipe de France avec laquelle il est sélectionné 12 fois pour 4 buts inscrits. D’ailleurs, là encore son intégration est ultra rapide car dès sa première sélection contre les Pays-Bas le 26 mai 1947, il fait parler la poudre en ouvrant le score à la 17e minute sur une passe de… Cuissard qui jouait alors à Lorient. Pour sa 2e sélection, il délivre deux caviars contre la Tchécoslovaquie pour une victoire qui s’est dessinée dans les dix dernières minutes (4-2). Son entrée en matière tonitruante lui ouvre donc grand les portes de la renommée.

René Alpsteg en équipe de France
Malheureusement, il ne joue pas au bon moment à l’ASSE, ni avec l’équipe de France, ce qui l’a sans doute empêché d’avoir un palmarès à la hauteur de son talent. Saint-Etienne ne confirme pas son premier bon résultat et s’enfonce dans la médiocrité et les problèmes financiers. L’arrivée de Jean Snella, qu’il côtoie pendant trois saisons, ne lui permet pas d’entrer dans l’histoire comme il l’aurait voulu bien qu’il ait été une des pièces maîtresses de l’édifice monté par ce tout nouvel entraîneur qui est en train de révolutionner le club. Il aura pourtant le mérite d’être parmi ceux qui ont écrit une partie de son histoire en étant au commencement de sa fabuleuse aventure.
LA PREMIERE PAIRE FAMILIALE D’ENVERGURE DE L’HISTOIRE DU CLUB
En 1948, Léon, son frère, signe également à l’AS Saint-Etienne alors qu’il évoluait auparavant à Annemasse. Très bon joueur de club, il a été un immense serviteur de l’ASSE tout au long des quatre ans où il est resté au sein de l’effectif stéphanois bien que son niveau technique soit inférieur à son aîné. Toutefois, il s’impose également en tant que titulaire et il s’entend comme larrons en foire avec son frangin avec lequel il forme la première paire familiale d’envergure de l’histoire du club.
Lorsqu’il est arrivé à l’ASSE, René était déjà un cadre de l’équipe première (ce dernier a d’ailleurs été un des premiers surpris par ce transfert) et il a pu être bien conseillé pour que son intégration se passe le mieux du monde. Les Alpsteg ont pu alors faire régner la terreur au sein de la surface de réparation adverse avant que Snella ne fasse définitivement reculer René.

René Alpsteg (celui qui porte les ballons) et Léon à sa gauche
Premier fait d’arme le 2 janvier 1949 contre Metz : René Alpsteg réussit un doublé et Léon Alpsteg inscrit le 3e but pour une victoire 3-1. Les deux frères marquent de nouveau ensemble le 6 mars 1949 contre le CO Roubaix Tourcoing (6-0). Cette fois, c’est Léon qui réussit le doublé.
Cette entente fera des merveilles jusqu’en 1952 et le derby du 23 mars. Là encore c’est Léon qui est à l’honneur, René jouant défenseur. Il inscrit le seul but du match à la 32e minute alors qu’il avait suivi les conseils de Jean Snella qui l’avait demandé de se positionner à gauche de l’attaque, lui l’ailier droit. Aucun lyonnais ne l’avait suivi et Kees Rijvers a pu lui remettre une balle en or qu’il s’est empressé de convertir en but. Malheureusement, Léon s’est gravement blessé dans les dernières minutes de la rencontre (une double entorse et un arrachement des ligaments) mettant fin à sa carrière stéphanoise.
Cette saison-là , également, René Alpsteg connaîtra une forme d’apothéose en étant l’auteur d’un quadruplé lors de la victoire historique à Marseille 10-3 le 16 septembre 1951. Cela reste encore à ce jour la plus large victoire à l’extérieur de l’ASSE en championnat. Les Verts n’ont jamais fait mieux hors de leurs bases et seul Robert Herbin, auteur d’un quintuplé, le 10 septembre 1965 à Cannes (victoire 8-2) a marqué plus de buts que lui sur un seul match à l’extérieur.
Par son talent, sa présence et sa détermination, René Alpsteg aura donc été un des meilleurs joueurs stéphanois des années 1940 jusqu’au début des années 50. En championnat de D1, il est le quatrième buteur de l’histoire du club avec 81 buts derrière les légendaires Hervé Revelli, Salif Keita et Rachid Makloufi.
Avec son frère Léon, ils représentent la première fratrie talentueuse de l’ASSE bien avant les frères Tylinski et Revelli qui, eux, ont eu le bonheur de conquérir des titres. Toutefois, on peut affirmer sans trop se tromper que la grande histoire de l’AS Saint-Etienne n’aurait jamais pu voir le jour sans l’abnégation des Alpsteg, Cuissard, Rodriguez et autres qui ont empêché que le club ne disparaissent définitivement dans les années 1949-50.
C’est en cela que leur mérite doit être reconnu et qu’ils ont leur place à côté de leurs illustres successeurs.
Twitter
FaceBook