Voici le vip demandé :
Personnalité : Antoine CUISSARD
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UNE ETOILE A SAINT-ETIENNE
Antoine Cuissard est né à Saint-Étienne le 19 juillet 1924, mais il quitte sa région natale à l’âge de deux ans, pour suivre sa famille qui s’installe en Bretagne et reprend un magasin de marée sur le port de pêche de Lorient. A partir de 1938, il intègre tout naturellement le FC Lorientais (qui s’appelle aujourd’hui le FC Lorient), un club crée par ses grands-parents, où il y fait l’apprentissage de la pratique du football. Ses talents sont indéniables et il se fait rapidement remarquer par sa dextérité et son aisance balle au pied.
Pendant la seconde guerre mondiale, la ville de Lorient, particulièrement touchée par les bombardements, ne peut développer des compétitions sportives durables. Il a vingt ans et pour continuer à jouer au football, il accepte, en 1944, la proposition de l’AS Saint-Étienne où il signe son premier contrat professionnel. Il retrouve une région où il a gardé des attaches notamment du côté de Feurs où résident encore des membres de sa famille. C’est d’ailleurs un de ses cousins, se prénommant comme lui,qui la surnommé « Tatane » pour se différencier.
Son arrivée coïncide avec celle d’un autre surdoué du ballon rond, René Alpsteg. Ils vont faire merveille dans l’entre jeu stéphanois au point d’être les principaux artisans d’une fantastique 2e place au classement du premier championnat de France de l’après-guerre en 1946 : un résultat complètement inespéré et jamais atteint pour les Verts jusqu’alors. Pour un essai c’est un coup de maître.

Antoine Cuissard
Son jeu fluide et d’un niveau technique remarquable lui ouvre tout naturellement les portes de l’équipe de France. Il connaît sa première sélection le 7 avril 1946 contre la Tchécoslovaquie (3-0) où il évolue au poste d’arrière et surtout il participe à la magnifique victoire sur l’Angleterre (2-1) au stade de Colombes devant plus de 58000 spectateurs le 19 mai 1946. A la suite d’un Julien Darui, impérial dans les buts, il avait été un des grands bonhommes du match. Sa carrière est définitivement lancée et on n’ose imaginer jusqu’où elle pourrait grimper.
Pourtant, alors que rien ne le laissait supposer, il retourne à Lorient dès la fin de la saison 1946 pour se porter au chevet d’un club malade qui a besoin de son aide. Il y retrouve Jean Snella, qu’il avait cotoyé en tant que joueur à l’ASSE, et qui débute là sa carrière d’entraîneur. Alors qu’il évolue désormais en division d’honneur et qu’il est redevenu simple amateur, il est tellement fort qu’il continue tout de même à être régulièrement sélectionné en équipe de France devenant par là -même, un des rares à avoir obtenu ce privilège.
UN RETOUR QUI AURAIT PU ETRE TRIOMPHAL
Une fois l’équipe de son cœur de nouveau sur de bons rails, il retourne à Saint-Etienne pour y retrouver le haut niveau. Il faut dire que l’ASSE met tout le monde d’accord avec un chèque non négligeable de 5 millions de francs (ce sont des anciens francs). Toutefois, Antoine Cuissard doit se débrouiller dans un environnement qui ne lui permet de donner la pleine mesure de son talent. Entre les problèmes de trésorerie que rencontre le club et la réorganisation qu’elle impose, on ne lui donne pas tous les moyens pour briller et pour enfin remporter des trophées.
En championnat, les Verts n’obtiennent pas mieux qu’une 4e place en 1948 avant de décliner progressivement (8e en 1949 et 11e en 1950). Dans tous les cas, Saint-Etienne a de la chance de posséder des joueurs de ce niveau car il fait partie de ceux qui portent l’équipe à bout de bras malgré les conditions difficiles alors que le club aurait très bien pu sombrer. L’arrivée de Jean Snella au poste d’entraîneur en 1950 aurait pu changer la donne mais il est trop tôt pour que le travail de fond qu’il a engagé commence à porter ses fruits malgré une demi-finale de Coupe de France perdue 3-1 contre Valenciennes en 1951.
Aussi en 1952, à vingt huit ans, il perd patience et demande à être transféré sachant que l’OGC Nice lui fait les yeux doux. Les Niçois viennent de réaliser le doublé coupe championnat, notamment après une des plus belles finales de l’histoire de la Coupe de France face au Girondins de Bordeaux (5-3). Finale à laquelle il a assisté avec Pierre Garonnaire. C’est donc une proposition qui ne se refuse pas.
Cependant, Pierre Faurand, le nouveau président de l’ASSE, ne tient absolument pas à renforcer un adversaire déjà aussi fort et il coupe court à toute négociation d’autant plus que Cuissard, devenu un des meilleurs défenseurs du championnat, est au sommet de son art. Contre toute attente, les Niçois acceptent cette décision et voilà que se manifeste l’AS Cannes, une formation de 2e division qui semble posséder des moyens importants puisqu’elle est prête à dépenser la somme de huit millions de francs. Les dirigeants stéphanois sont perplexes. Comment un tel club peut-il disposer de finances aussi florissantes ? Néanmoins, devant l’intransigeance de son joueur, qui veut absolument quitter l’ASSE, Faurand accepte la proposition cannoise et Cuissard est transféré sur la Croisette. Moins de six mois plus tard, ce dernier prend la direction de Nice, sa véritable destination. Les Stéphanois n’étaient pas dupes et avaient bien compris la manœuvre mais ils n’avaient pas la possibilité de retenir un joueur qui voulait partir.
C’est avec Nice qu’il inscrit la seule ligne à son palmarès en remportant la coupe de France en 1954 avant de repartir dès 1955 dans sa Bretagne adorée où il signe à Rennes.
Après sa carrière de joueur qui n’aura pas eu la renommée que son talent aurait pu laisser envisager, il devient pendant une quinzaine d’année un entraîneur aux résultats contrastés à Rennes, Lorient et Ajaccio.
Il s’éteint le 3 novembre 1997 et on retiendra de cet immense joueur qu’il aura enthousiasmé les foules de Geoffroy Guichard même si son parcours aura somme toute toujours un goût d’inachevé au regard des qualités qu’il possédait. Lorsque Jean Snella a pris ses fonctions d’entraîneur à Saint-Etienne, il s’est énormément appuyé sur Antoine Cuissard qu’il connaissait bien pour avoir joué avec lui et l’avoir entraîné à Lorient. De plus, en reconnaissance de tout ce qu’il a apporté à l’ASSE, une rue adjacente au stade porte son nom, signe évident de l’importance qu’il a eue au sein de l’effectif stéphanois dans une des périodes les plus troubles de son histoire.

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