Voici le vip demandé :
Personnalité : Johnny REP
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Johnny Rep
Nicholaas (« Johnny ») Rep est né à Zaandam (Pays-Bas) le 25 novembre 1951. Il se révèle dans la grande équipe de l’Ajax Amsterdam qui terrorisait l’Europe du football au début des années 70. Il occupe le poste d’ailier et en compagnie de ses illustres co-équipiers, Johann Cruyff et Johann Neeskens, il gagne un nombre incalculable de trophées. Il remporte coup sur coup la Coupe Intercontinentale en 1972 contre les Argentins d’Independiente en marquant deux buts lors des deux matches (1-1 puis 3-0 à Amsterdam) puis la super coupe d’Europe en 1973 contre les Glasgow Rangers (3-1 et 3-2). Ensuite, il marque l’unique but de la finale de la coupe d’Europe des clubs champions contre la Juventus de Turin en 1973 permettant à l’Ajax de réaliser le triplé avant de récidiver en super coupe d’Europe 1974 contre le Milan AC, courte défaite à San Siro (0-1) et une démonstration à Amsterdam 6-0 avec un but à la clé, le quatrième. Naturellement, il est sélectionné avec les Pays-Bas qui échoue en finale de la coupe du Monde 1974 alors qu’ils étaient grands favoris pour la victoire finale.
Comme Cruyff et Neeskens, il part monnayer son talent en Espagne et il atterrit à Valence mais au bout de deux saisons sans titre, il décide de partir d’autant plus qu’il a perdu sa place en équipe nationale et qu’il désire la retrouver au plus vite en vue de la coupe du Monde 1978. Il accepte alors le challenge proposé par Bastia où il débarque en 1977 sans savoir vraiment où il met les pieds. D’ailleurs, pour l’anecdote, il a paraphé son contrat sans visiter les installations sportives du club que les dirigeants locaux ont pris soin d’éviter lors de la signature ! Quel choc lorsqu’il les a aperçu pour la première fois. Il n’a toutefois pas eu à regretter son choix car avec les Corses, il a atteint la finale de la coupe de l’UEFA en 1978 et il a été élu meilleur étranger du championnat de France la même année avant de nouveau perdre la finale de la coupe du Monde face à l’Argentine. La saison suivante est moins enthousiasmante dans une équipe insulaire qui rentre peu à peu dans le rang. Il a besoin d’un nouveau défi et il accepte la proposition de l’AS Saint-Etienne venue le relancer.
Il peut alors rejoindre le Forez en juillet 1979 où il arrive en même temps que Michel Platini pour redorer le blason d’une équipe en perte de vitesse. Avec le stratège Nancéen, c’était la priorité du président des Verts, Roger Rocher, qui a envie de constituer une équipe de rêve pour retrouver les sommets momentanément perdus ces dernières années.
Robert Herbin est très sceptique quant à la pertinence du transfert de l’attaquant néerlandais qui ne cadre pas avec sa politique visant à toujours privilégier la formation plutôt que le vedettariat. Il a des doutes sur ses motivations et sur sa capacité à encaisser les charges de travail que l’entraîneur impose à ses joueurs. Malheureusement, les craintes soulevées vont se vérifier tout au long de la carrière stéphanoise de Johnny Rep. Ce dernier va étaler deux visages distincts en fonction de ces intérêts ce qui aura le don d’exaspérer au plus au point le technicien dépité par une telle attitude.
Rep étincelant face à Lodz
Ses premières sorties sous le maillot vert sont pourtant encourageantes. Il marque son premier but officiel pour l’ASSE lors de la troisième journée de championnat à Marseille pour une victoire historique 5-3. Au bout de huit journées, il a inscrit déjà six buts dont un doublé dans le match au sommet face à Nantes battu 4-2. Son expérience, sa rapidité, la puissance de son tir, son redoutable jeu de tête et son opportunisme sont autant d’atouts qui permettent à son équipe d’effectuer un début de saison remarquable. La coupe d’Europe arrive donc à point nommé pour ce joueur, qui motivé comme jamais, a l’intention de faire parler la poudre. Saint-Etienne en a bien besoin après son faux-pas en Pologne où elle a été battue par le Widzew Lodz 2-1 pour le match aller du premier tour de la coupe de l’UEFA. A Geoffroy-Guichard, Rep fait un festival et élimine le club polonais à lui tout seul grâce à un triplé qui permet à l’ASSE de l’emporter 3-0 et qui le fait entrer dans la légende. Il est en effet le premier stéphanois de l’histoire à réaliser un hat-trick en Coupe d’Europe. D’ailleurs les matches continentaux l’inspirent. Au tour suivant, il est un des héros de la confrontation face au PSV Eindhoven. Martyrisé à l’aller, il doit comme ses partenaires s’avouer vaincu 2-0. Il écume de rage au retour dans le chaudron, sa vengeance n’étant complètement assouvi qu’avec le sixième but qu’il marque sur penalty. Il est à créditer d’autres belles performances sur la scène continentale comme ce quadruplé exécuté contre les Finlandais de Kuopio Palloseura en 1980 face à un adversaire, il est vrai, très faible. A Hambourg, il est même capable de se sacrifier pour le bien de son équipe en étant au marquage du latéral international, Manfred Kaltz. Son abnégation est à la base d’un des plus grands exploits de l’ASSE qui atomise les Allemands 5-0. Avec 11 buts à son actif en coupe d’Europe, il est le meilleur marqueur stéphanois devant Hervé Revelli 10 buts, Michel Platini 9 buts et Jean-Michel Larqué 7 buts.
Rep a soufflé le chaud et le froid du côté de Saint-Etienne
A côté de ces rencontres exceptionnelles, Johnny Rep est également responsable de prestations indignes de son talent et Robert Herbin est obligé de se rendre à l’évidence. L’attaquant hollandais choisi ses matches pour briller, la coupe d’Europe, bien sûr, mais également les rendez-vous proches de ceux de sa sélection nationale car il a envie de participer à sa troisième coupe du Monde en Espagne en 1982. L’entraîneur forezien a tout tenté pour remettre sa star dans le droit chemin. En vain. A chaque fois qu’il était réprimandé, il se remettait à l’ouvrage quelques semaines avant de retomber de nouveau dans ses travers. Certaines rencontres l’intéressaient moins que son premier disque qu’il a enregistré dans cette période et dont le titre principal s’intitulait « Hey Johnny ». Même les remarques vexantes de son coach ne semblaient l’atteindre et Herbin a du se résigner à l’utiliser avec ses qualités et ses défauts. S’il n’était pas motivé, s’il marchait sur le terrain, le technicien le remplaçait et quelques fois dès la mi-temps.
Certains matches l’intéressaient moins que son disque
En 1983, en pleine crise de la caisse noire, par peur du fisc français, il est retourné dans son pays où il a encore joué quelques années avant de mettre un terme à sa carrière en 1987 et se reconvertir de l’autre côté de la barrière. Il a tâté le métier de l’entraîneur et il est aujourd’hui recruteur pour un club de deuxième division des Pays-Bas.
Malgré tout, Johnny Rep a laissé un souvenir impérissable du côté de Geoffroy-Guichard et il a même été le héros d’une chanson écrite par le groupe Mickey 3D, témoignage de l’aura dont il bénéficiait à cette époque.
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